Une soixantaine d'élèves de Linars, Touvre et Saint-Yrieix profitent du dispositif Orchestre à l'école.

Première prise en main de l'instrument avec les professeurs du conservatoire.

Première prise en main de l'instrument avec les professeurs du conservatoire. (photo céline levain)

La semaine dernière, une soixantaine d'élèves de CE2 des écoles de Linars, Touvre et Saint-Yrieix, étaient dans les murs du conservatoire Gabriel-Fauré pour récupérer l'instrument qui va les suivre jusqu'en CM2. « Certains touchaient un instrument de musique pour la première fois. C'était particulièrement émouvant », témoigne Jacques Pési, directeur de l'institution de la place Henri-Dunant.

Comme promis, Grand-Angoulême a musclé son dispositif « Orchestre à l'école ». À moyen constant pour le conservatoire, mais sans toucher au dispositif Cham (Classes à horaires aménagés musique) du collège Jules-Verne (lire ci-contre). Initiation poussée à la pratique instrumentale en milieu scolaire sur trois ans, du CE2 au CM2, le dispositif avait été expérimenté à Linars dès décembre 2009. Un test qui s'est achevé en juin 2012.

 

collège

Les classes Cham se poursuivent

Menacées à la fin du printemps dernier, quand Grand-Angoulême envisageait de ne plus les financer, puis sauvées grâce une mobilisation des parents d'élèves, les classes Cham (Classes à horaires aménagés musique) du collège Jules-Verne concernent aujourd'hui 98 élèves, de la sixième à la troisième. Deux écoles angoumoisines figurent dans le dispositif Cham, du CP au CM2 : les écoles Jean-Moulin (23 élèves) et René-Desfarges (63 élèves). La pratique musicale y est beaucoup plus poussée que dans le dispositif « Orchestre à l'école » qui, lui, relève de l'initiation. L'enseignement en Cham est couplé avec un enseignement en conservatoire.

« Les retours ont été très positifs, note Jacques Pési. Même si ce n'est pas le but, nous avons deux élèves qui, à la sortie, se sont inscrits au conservatoire. En revanche, ce dispositif démontre bien que, par le biais d'une pratique instrumentale collective, on développe chez ces enfants l'écoute de l'autre. Cela renvoie à la notion de citoyenneté et de civisme. Et puis, la musique est une activité en lien avec d'autres enseignements, les maths, le français, l'histoire, etc. »

Horaires adaptés

Cette année, Grand-Angoulême a investi 25 000 euros dans l'achat des instruments qui seront prêtés, pour trois ans, aux 59 élèves de la nouvelle vague du dispositif. Du côté de Saint-Yrieix, on a opté pour les cordes frottées et pincées, violon, alto, violoncelle et harpe… Linars conserve son choix des instruments à vent, cor, trompette et trombone. À Touvre, on a décidé d'être un peu plus varié, avec la clarinette, le saxophone, le basson, la contrebasse et le djembé.

Pendant l'expérimentation de Linars, trois professeurs du conservatoire ont été détachés sur le projet. Dès ce mois de décembre, ils seront 14 à intervenir dans les classes de Saint-Yrieix, Linars et Touvre. Un surcroît d'activité absorbé sans moyen supplémentaire, « parce que nous avons pu trouver des horaires adaptés avec les écoles », affirme Jacques Pési.

Huit candidatures

Mais qu'en sera-t-il à la prochaine rentrée ? La Communauté d'agglomération a fait savoir qu'elle envisageait de monter encore en puissance. Et, pour la rentrée de 2013, la dernière avant les élections municipales de 2014, huit communes, soit la moitié des municipalités du Grand-Angoulême, ont posé leur candidature. En l'occurrence, Ruelle-sur-Touvre, Angoulême, Saint-Michel, Mornac, Soyaux, Nersac, Fléac et Puymoyen… Jacques Pési prévient : « On réfléchit évidemment d'ores et déjà à la rentrée 2013. Mais, en l'état, on ne pourra pas étendre le dispositif à huit communes d'un seul coup. »

Le directeur du conservatoire Gabriel-Fauré n'entend pas trancher cette épineuse question. Ce seront les élus du Grand-Angoulême qui devront choisir. À moins de donner de nouveaux moyens humains et financiers au conservatoire, il est effectivement peu probable que tous les candidats soient contentés.

Publié le 18/12/2012 à 06h00 - Par bertrand ruiz

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