À l'instar d'Angoulême, qui confirme en 2010 une hémorragie démarrée en 2009 après deux années de hausse (elle a perdu 1.500 habitants entre 2008 et 2010), Soyaux, la deuxième ville de l'agglo, confirme les mauvais chiffres publiés l'an passé.

Avec 9.561 Sojaldiciens recensés en 2010, la cité déplore à nouveau le départ de 398 personnes. En quatre ans, elle a perdu 825 habitants. C'est, juste derrière Cognac, le chiffre le plus impressionnant du département. Une chute que le maire, François Nebout, explique essentiellement par la destruction de logements, dans le cadre de l'opération de renouvellement urbain (ORU). «Forcément, quand vous démolissez 330 logements pour les reconstruire, ça crée entre deux quelques départs.» Si on rajoute les blocages et retards liés à cette ORU, l'hémorragie pourrait durer encore un peu...

852 habitants en moins. La pire dégringolade du département entre 2006 et 2010. Cognac, la deuxième ville du département, a encore perdu 172 habitants entre 2009 et 2010. Sa population légale n'est plus que de 18 557. «Une mauvaise nouvelle qui va encore se solder par 30.000€ de dotation globale de fonctionnement en moins» redoute le maire, Michel Gourinchas. Il répète à l'envi l'argument mais à son sens, «Cognac ne s'en sortira pas tant que le plan local d'urbanisme ne sera pas validé». Il doit précisément l'être cette année.

Ambitieux, il prévoit la construction de nouveaux quartiers aux concepts séduisants. «Mais le temps que tout soit validé, rien ne sera concrétisé avant au moins trois ans». D'ici là, Cognac a encore le temps de se dépeupler. «Nous ferons tout ce que nous pourrons pour limiter la casse, notamment en centre-ville.»

«Notre seul espoir: le PLU»

Confolens, la sous-préfecture. Un symbole qui s'élime plus encore à mesure que la population de la capitale de la Charente-Limousine dégringole. Entre 2009 et 2010, la cité a perdu 88 habitants et n'accueille plus que 2.711 Confolentais.

Pour le maire Jean-Louis Dutriat, pas de mystère: «le jour où nous serons désenclavés, ça ira beaucoup mieux.» La ville souffre, selon lui, de son éloignement du reste du département, des infrastructures encore globalement inadaptées, de la fracture numérique, mais aussi du malaise économique de la Charente-Limousine. «On a l'impression que Confolens grossit avec des lotissements. Oui, la ville s'étend, mais son coeur se dépeuple.»

Une trentaine de nouveaux logements ont tout de même trouvé récemment preneurs ou suscité l'intérêt et, lueur d'espoir, «ce sont surtout des jeunes couples.»

«Et si on nous désenclavait ?»

386 habitants en plus en quatre ans. La plus forte progression chiffrée enregistrée en Charente. Encore 124 nouveaux arrivants entre 2009 et 2010. À 15 minutes d'Angoulême, Brie, 4.002 âmes selon les dernières statistiques officielles, poursuit son ascension sans embûches.

Mais «ça va bientôt s'arrêter», prédit le maire Guy Branchut. Les principales cartouches ont été tirées: le rythme des «40 à 50 nouvelles maisons par an» n'atteint plus, depuis 2009, que la quinzaine de constructions annuelles. «Nous n'avons presque plus de terrains à bâtir. Nous ne pouvons plus satisfaire que trois demandes sur quatre, et très bientôt, ce sera moins.» Les quelques réserves foncières qui subsistent - potentiellement gonflées par des acquisitions de terrains privés - pourraient encore doper la population de «400 personnes, peut-être. Mais nous n'en voulons pas plus. Brie doit rester à taille humaine.»

«On arrive au bout...»

Sur le déclin depuis la fin des années 1990, la population de Barbezieux a pris le virage de la croissance à partir de 2007. Elle s'est étoffée de 122 habitants en quatre ans pour atteindre, en 2010, 4.768 âmes. À cela, deux explications principales: «l'emploi est assez stable, explique le maire, René Vignerie, et puis nos programmes de lotissements ont porté leurs fruits.» Les maisons et appartements construits ces dernières années conformément à une volonté politique claire sont presque tous occupés. «Avec un taux de vacance très faible dans les HLM».

Pour le premier magistrat, c'est loin d'être terminé: «Il y a encore du potentiel: Barbezieux est la seule ville entre Angoulême et Bordeaux équipée d'à peu près tous les services. On n'exploite pas assez le potentiel de la deux fois deux voies.» Une solution? D'ici un an, un nouveau projet de lotissement devrait voir le jour.

«Il y a encore du potentiel»

2 Janvier 2013 | 04h00

CHARENTELIBRE.fr