Jean-François Kahn - fondateur de l'Evènement du Jeudi et de Marianne - a vendu fin 2012 ses parts dans Marianne à son associé et successeur, Maurice Szafran, actuel directeur de la publication de l'hebdomadaire. Si ce dernier affirme que la vente n'est pas encore conclue, tout porte à croire le contraire. Fin d'une époque à Marianne: Philippe Cohen, ancien patron du site, quitte également l'hebdo sur fond de désaccord idéologique et stratégique. 

"Je tombe un peu de ma chaise". Jean-François Kahn est surpris quand @si lui affirme que la direction de Marianne, via son PDG Maurice Szafran, assure que la vente effective de ses parts dans Marianne n'est pas encore bouclée. "Cela a été conclu à la fin de l'année 2012 et je ne comprends pas pourquoi la direction de Marianne dit cela", précise JFK

Hier après-midi, la lettre spécialisée Presse News annonçait la vente. "Jean-François Kahn vend ses parts dans Marianne". "Cette information est totalement prématurée, nous assurait alors Maurice Szafran. Il est vrai que Jean-François veut quitter Marianne pour profiter un peu. Il a 75 ans, c'est normal". Toutefois,contactées par @si, d'autres sources ont confirmé la version de JFK : la vente a bel et bien été finalisée.

Kahn

La composition du capital de l'hebdomadaire restera de fait inchangée. En effet, Szafran et Kahn sont associés au sein de la société Marianne Finances qui détient 40 % du capital de l'ensemble. La vente des parts de JFK se fera donc à Marianne Finances, et non aux autres actionnaires. Yves de Chaisemartin, ancien directeur général de la Socpresse, via Marianne holding conservera un peu plus de 47 % des parts. Ex-impresario (Le Luron, Claude François) Paul Lederman, actionnaire en nom propre mais aussi via sa société Lederman productions conservera, lui, 8 % environ tandis que Franck Ullman restera détenteur d'un peu moins de 5 % du capital.

Autre changement important: le journaliste Philippe Cohen, grand reporter depuis juillet après avoir dirigé la rédaction de Marianne2.fr, le site de l'hebdo, quitte le journal fin janvier. Un départ qui intervient à la suite de la publication du livre consacré à Jean-Marie Le Pen ("Le Pen, une histoire française") dont il est co-auteur avec Pierre Péan. Cette enquête a suscité une vive polémique, les auteurs semblant y dédouaner Le Pen du reproche de racisme. Une polémique qui est allée jusque dans les colonnes de Marianne: Szafran, lui-même, a consacré deux pages à une vive critique de l'enquête. "Nous avons tous les deux pris acte de notre profonde divergence idéologique", commente brièvement Szafran. Toutefois, le contentieux était ancien. En juillet, Cohen avait, par exemple, décidé de rendre les armes de la direction du site internet, faute d'une vision commune avec les dirigeants de Marianne.

Par David Medioni le 09/01/2013

ARRETSURIMAGES.fr