L’Afer, la plus grande association de détenteurs de contrats d’assurance-vie en France aura rémunéré ses adhérents 3,45% en 2012. Gérard Beckerman, son président, décrypte cette performance sur BFM Business.

Gérard Beckerman considère le taux de rémunération de l’Afer pour l’assurance vie comme

Gérard Beckerman considère le taux de rémunération de l’Afer pour l’assurance vie comme "sincère" (BFM Business)

Gérard Beckerman est le président de l’Afer, une des plus grosses associations d’assurance vie avec quelque 700 000 assurés et 2 millions de bénéficiaires. Le taux publié chaque année par l’association sert normalement de baromètre de la rémunération des contrats d’assurance vie. Ce mardi 15 janvier, l’Afep a provoqué un coup de tonnerre en publiant un taux de rémunération des fonds en euros au titre de 2012 à 3,45%, quand la majorité des assureurs proposent un rendement de 3%.

"C’est un taux sincère, normal" explique Gérard Beckerman sur le plateau du Grand Journal d’Hedwige Chevrillon ce mardi 15 janvier. Parce que l’Afer, qui n’a pas d’actionnaires, reverse "l’intégralité de ses bénéfices aux adhérents", souligne-t-il.

L'assurance n'est pas un produit de luxe

De quoi relativiser la supériorité de rendement du Livret A sur l’assurance vie. A ce propos, le président de l’Afer, se refuse à considérer que ces deux produits d’épargne sont en concurrence. Le livret est un "placement à court terme qui est plafonné", alors que l’assurance vie est un "placement dans la durée". Gérard Beckerman reconnaît que les performances du livret A "ont été exceptionnelles" en 2012, mais cela n’a pas interdit à l’Afer "d’avoir du succès dans l’assurance vie", rappelle-t-il.

Autre différence : "la véritable épargne populaire n’est pas le Livret A" mais le contrat d’assurance vie de l'Afer. Parce que le relèvement du seuil du livret A en 2012 a d’abord profité aux plus gros patrimoines, non aux "trente millions de Français qui n’ont que 150 à 200 euros de placés". Par opposition, l’assurance vie "n’est pas un produit de luxe", assure-t-il.

La décollecte : une notion qui n'a pas de sens

Au sein de l’association, la rémunération de l’assurance vie a augmenté depuis l’année dernière, passant de 3,43 à 3,45%. Comment l’Afer est-elle parvenue à une telle performance ? En "saisissant toutes les opportunités du marché, en nous diversifiant", assure Gérard Beckerman. Les gérants de l’Afer ont ainsi investi sur de la dette souveraine, dans des sociétés de sécurités et "même des financières" sourit le président.

Une augmentation du rendement, donc, sur deux années pourtant marquées par un vaste retrait de dépôts sur ce type de produits d’épargne. Mais pour le président de l’Afer, "la notion de décollecte n’a pas de sens".

Il s’explique : "Nous avons eu en France les trente glorieuses de l’épargne. Avec la crise que nous vivons, il est normal qu’un nombre croissant de Français soit amené à en retirer". Pour le président de l’association, il n’y a pas là de "problème métaphysique".

Le 15/01/2013 à 19:30

BFM-BUSINESS