l Binet enfin récompensé! l Il a fallu attendre le Prix Tournesol des Verts pour qu'Angoulême mette à l'honneur le succès populaire de Raymonde et Robert.

Christian Binet était présent, hier soir, pour recevoir son prix. Photo Renaud Joubert

Il aurait bien aimé flâner. Mais c'est la rançon de la gloire. Cette année, pour sa venue au festival de la BD, Clément Oubrerie a un agenda de ministre. Cet ancien de la pub, venu à la BD sur le tard, fait partie de la Sélection officielle du festival pour Pablo, l'album scénarisé par Julie Birmant. Ce soir, il anime un débat au CGR après l'avant-première du film Aya, tiré de la BD Aya de Yopougon, le récit de Marguerite Abouet, à qui il a donné vie et qui a reçu le prix du meilleur album en 2006. Depuis, Clément Oubrerie revient tous les ans à Angoulême.

Est-ce avec «Aya» que vous avez pris goût à la BD ?

Clément Oubrerie. Oui. Avant, j'étais dans la pub et l'illustration pour enfant. Je n'avais pas de sujet de bande dessinée. A l'époque où Marguerite m'a proposé son texte, j'avais cessé de lire des BD. Et puis j'ai découvert Sfar et Trondheim et j'ai compris qu'il y avait un potentiel, qui n'était pas seulement commercial. Ensuite, j'ai enchaîné avec Zazie dans le métro. Je n'aime pas travailler tout seul. On a toujours de meilleures idées à deux.

Quel rôle avez-vous joué dans la réalisation du film «Aya» tiré de la BD?

Un peu tous les rôles. Je suis producteur, coréalisateur. J'ai géré la partie visuelle. J'ai fait à peu près tous les métiers sur ce film, sauf acteur parce que mon accent ivoirien n'est pas terrible. Mais je suis heureux de le présenter à Angoulême, car c'est un peu ici qu'Aya est née. C'est un juste retour des choses.

Comment passe-t-on

de Aya à Pablo?

J'adore me mettre dans la peau des autres. Je m'accapare le personnage et j'essaie de le jouer. Comme au théâtre. Et ce n'est pas plus compliqué d'être Aya que Picasso. Pour Pablo, j'ai dessiné chaque case comme un tableau. n

D'accord, ce n'est que le Prix Tournesol attribué chaque année par les Verts, mais c'est la toute première récompense au Festival pour le génial Binet depuis son prix du meilleur espoir en... 1978 ! Neuf millions d'albums plus tard, Binet est même venu chercher son prix, hier soir, au bar Le Karma pour son 21e tome, Les Bidochons sauvent la planète. «Les gens qui ont des prix savent quoi dire», a-t-il lancé devant Pascal Durand. «C'est de l'écologie populaire comme on l'aime», a résumé le secrétaire national d'Europe Ecologie. Ne pas rater l'épisode du covoiturage, du rôti pas cuit qui est pourtant passé 18 heures au four solaire ou de la lampe qui s'allume si lentement qu'elle n'éclaire... qu'une fois en bas de l'escalier.M. B. n

Les Bidochon verts de plaisir

2 Février 2013 | 04h00 - Christelle Lasxaires

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