Le 21e mur peint a été inauguré vendredi en présence de Michel Ocelot.

Le mur Kirikou, à Saint-Cybard, va faire office de « porte d'entrée » du campus de l'image.
À côté, s'élèvera la résidence étudiante. (Photo quentin salinier)

Depuis vendredi, le petit personnage de Kirikou gambade sur le mur qui lui est dédié, rue Saint-Cybard (1), dans le quartier du même nom. Il court si vite qu'il laisse derrière lui, dans son sillage, une traînée de poussière lumineuse. Dans un avenir proche, une fois le mur complètement terminé, ces diodes bleues vont s'éclairer les une après les autres, pour marquer la vitesse. Et Kirikou aura droit à ses leds perso au-dessus du dessin. C'est la grande particularité de ce 21e mur peint d'Angoulême : il est rétroéclairé et il bouge (un peu).

Kirikou, rappelons-le appartient au monde du dessin animé, l'une des branches économiques du Pôle image, et non à celui de la bande dessinée.

Michel Ocelot, le père de Kirikou, était présent vendredi, à l'inauguration. Il s'est dit « très très ému de voir ce mur peint à Angoulême, placé stratégiquement, sur le chemin des écoles [de l'image]. » Il a noté « l'exécution est impeccable, bravo ! » Et dans un sourire, il a rajouté : « le bébé continue à courir sans moi ».

Dix ans sans nouveau mur

Cela faisait dix ans qu'un nouveau mur n'avait pas été dessiné à Angoulême. Comme les 20 autres, il a été réalisé par Cité création, l'entreprise lyonnaise, mais avec l'aide d'un peintre muraliste angoumoisin et de la Métallerie de l'Angoumois (La Couronne).

Il existe d'autres murs peints à Angoulême, mais sans l'estampille : certains sont antérieurs à la constitution du circuit (par exemple celui de Druillet, au carrefour de Lille), d'autres sont des initiatives de commerçants. Il reste, en plus, deux belles traces du « parcours Juillard » éphémère qui avait été mis en place après que le dessinateur eut reçu le Grand prix du Festival d'Angoulême en 1996. Le mousquetaire que l'on trouve à côté de l'office de tourisme d'Angoulême fait partie de ces beaux restes.

Mais dans les deux ans à venir, avec l'aide financière d'EDF Suez (qui s'occupe aussi des projections sur l'hôtel de ville pendant le Festival de la BD), deux nouveaux murs peints existants vont intégrer le « club » officiel, une fois rénovés par Cité création : celui d'Erro, dans le quartier de Ma Campagne, intitulé « Hommage à la bande dessinée » et celui de Druillet, « Les Humanoïdes associés ».

Politique d'urbanisme

Deux nouveaux murs peints seront également créés au cours de la même période (2013-2014) : un à Basseau/La Grande Garenne pour accompagner l'Opération de renouvellement urbain (ORU), l'autre à L'Houmeau, pour accompagner la naissance de la médiathèque. On l'a compris, ces nouveaux murs sont intégrés dans la politique d'urbanisme. De la Ville, mais aussi de Magelis. Le mur de Kirikou sera la « porte d'entrée du campus de l'image », a souligné, hier, le président du pôle, Robert Richard.

La résidence étudiante prévue par Magelis dans les deux ans à venir va jaillir dans le dos du petit personnage, au cœur du pâté de maison.

(1) La rue qui a été élargie et qui mène au musée de la Bande dessinée.

Publié le 04/02/2013 à 06h00 | Mise à jour : 04/02/2013 à 10h39

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