Alors que les dispositifs de réquisition de logements vides peinent à démarrer, et qu’un certain nombre de Mairies UMP montrent les dents face au renforcement de la loi SRU (Loi relative à la solidarité et au renouvellement urbains) les mettant hors-la-loi au vu du faible nombre de logements sociaux, les jeunes et étudiants sont toujours en attente de mesures ambitieuses faisant en sorte que prise d’autonomie cesse de rimer avec précarité.

Les travaux élaborés lors de la Conférence Nationale de la Pauvreté en décembre 2012, et ces dernières semaines, du CESE (Conseil Economique, Social et Environnemental) sur le logement des jeunes, font déjà état de l’échec de dispositifs sporadiques, mal coordonnés, et de mesurettes d’exceptions en tout genre à favoriser l’accès à un logement décent pour des tarifs qui le seraient tout autant.

Une fois de plus, ressortent les mêmes constats que les associations, syndicats et organisations politiques : dans les grandes villes, particulièrement en Île-de-France, les jeunes sont en première ligne des augmentations de loyers. Les étudiants y consacrent jusqu’à 70% de leur budget. C’est dans ce contexte que la Ministre du logement, Cécile Duflot, annonce dans le cadre d’un projet de loi-cadre à venir, la création d’un fond de garantie contre les loyers impayés. Nous pourrions trouver l’idée intéressante si elle n’avait pas été déjà développée à mainte reprises, sous différentes formes et conditions : par les collectivités, par l’état, par les banques privées pour les étudiants notamment…

On découvre alors que le problème des logements laissés vacants reposerait sur le fait que les propriétaires soient échaudés par les « impayés ». Et l’on s’inquiète de voir la Ministre choisir comme priorité de « /protéger les propriétaires responsables contre certains locataires qui ne le sont pas/ ». *Nous nous interrogeons sur cette notion de responsabilité. Est-ce que le fait de laisser plus de 90% des étudiants orphelins de tout logement du CROUS, est responsable ? Est-ce que le refus d’agir sur les augmentations incroyables de loyers, l’est davantage ?*

Les jeunes communistes réaffirment que si la réquisition de logements vides est une première solution dans l’urgence, ce n’est pas de petits pansements mais d’une politique ambitieuse de service public du logement dont nous avons besoin. C’est pourquoi ils restent déterminés à affirmer le respect de leurs droits. Alors que les plus riches et les plus puissants des patrons-voyous dissertent à l’envi sur le caractère soi-disant « confiscatoire » même sur le plus minime des impôts existants, ce même terme pourrait bien résumer à lui seul plus de 30 ans de politiques en direction de la jeunesse.

Nordine Idir, secrétaire général du MJCF


- le 5 Février 2013