La décision est prise. La Mutualité sociale agricole va déménager à L'Isle-d'Espagnac. Mais que va devenir sa tour en centre-ville ? Une question délicate qui n'a pas encore de réponse.

Les 250 salariés de la MSA vont quitter leur tour historique.
Le sort de cette dernière n'est pas encore fixé. Sa rénovation est compliqué.
Archive Renaud Joubert

Le pôle d'échanges multimodal sur le parvis de l'actuelle gare vient de recevoir le soutien de l'Etat à hauteur de 1,8 million d'euros dans le cadre du contrat de projet Etat-Région. Cette somme va notamment permettre de financer les acquisitions de terrains nécessaires pour aménager la future gare routière, mais aussi les futurs immeubles de services et de bureaux côté médiathèque.

«Les acquisitions sont bouclées à 80 %», annonce le président Philippe Lavaud. Ce chantier de la ZAC Gare, selon lui, devrait démarrer dès cette année avec le lancement du concours d'architecte pour la passerelle qui va enjamber les voies. L'agglo espère une livraison de cet équipement (qui desservira à la fois les quais SNCF et la médiathèque) courant 2015.

Côté Est, les travaux doivent aussi démarrer rapidement sur le parking actuel, où va s'implanter la gare routière. Le temps du chantier, le stationnement sera transféré sur le terrain libéré par l'ancien centre de tri. «Tout sera achevé pour l'arrivée de la LGV en 2017», assure le président de l'agglo.

C'était dans les cartons depuis plusieurs mois, c'est désormais acquis. La Mutualité sociale agricole (MSA) va quitter sa tour historique, à cheval sur la voie de l'Europe à Angoulême, pour déménager dans un bâtiment neuf qui va être édifié dans la nouvelle zone d'activités de Bel-Air.

Hier soir, le conseil de GrandAngoulême a validé la vente d'un terrain de 11.000 m2 dans la future zone tertiaire bordant la D 1000 à L'Isle-d'Espagnac. Le prix de vente du terrain a été fixé à 560.000 €, soit 50 € le mètre carré. La MSA va y construire un bâtiment moderne de 3.200 m2 pour ses 250 salariés angoumoisins.

Ce déménagement annoncé a d'abord rassuré les élus: «La MSA reste sur l'agglomération, c'est important», souligne Philippe Lavaud, en rappelant que la Mutualité aurait pu opter pour un autre choix. En revanche, c'est le sort réservé à la tour vitrée du boulevard Duroselle qui a suscité des interrogations au conseil communautaire. «Nous avons demandé à la MSA de ne pas laisser ce bâtiment en l'état, qu'il ne devienne pas une verrue en ville», assure le président-maire.

Joint hier, Edgard Cloerec, le directeur de la MSA, ne désespère pas de vendre cette oeuvre des années 70, sans trop y croire: «Nous espérons que le marché immobilier angoumoisin sera plus favorable dans deux ou trois ans, précise-t-il. Nous travaillons sur différentes hypothèses, y compris la destruction.»

Laide, mal fichue, hors normes, la tour perchée dispose toutefois d'un parking privé d'une centaine de places qui devrait trouver plus facilement preneur. Tout comme le terrain où elle est posée, en pleine ville, si elle devait disparaître.

Dans un premier temps, la Mutualité a envisagé une réhabilitation complète de l'immeuble Duroselle. Elle a rapidement renoncé: «Vue la configuration du site, assez aberrante, où l'on ne peut même pas installer une grue, ça revenait plus cher que du neuf», assure le directeur.

Fin 2016 début 2017

Le calcul a été vite fait, dans les instances nationales de la Mutualité et dans les ministères concernés. Même si la tour, dont elle est propriétaire, devait lui rester sur les bras, l'opération serait rentable, affirme Edgard Cloerec: «Elle n'est plus du tout adaptée, et trop vaste pour nous. A Bel-Air, nous allons diviser nos charges de fonctionnement par trois.»

La direction de la MSA a un peu de temps devant elle. Le déménagement vers L'Isle-d'Espagnac se fera au mieux fin 2016 ou début 2017. «Nous sommes liés aux contraintes du marché public sous le contrôle de l'Etat, les procédures sont très longues», explique Edgard Cloerec.

Il espère lancer le concours d'architecte en 2014 et poser la première pierre du nouveau site début 2015.

8 Février 2013 | 04h00 - Mis à jour | 08h18 - Thierry Cordeboeuf

 

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