Les enseignants charentais manifestent devant l'inspection d'académie à Angoulême
depuis 10h30 ce matin. (Photo Phil Messelet)

Ils étaient environ 100 à 150 enseignants à battre le pavé gelé, ce matin devant l'inspection académique, à l'appel du Snuipp, de FO, de la CGT, et de Sud. Pour protester contre la réforme des rythmes scolaires telle qu'elle est engagée.

Si tous sont d'accord pour une réforme, ils ne veulent pas de celle-là, porteuse d'inégalités entre villes riches et campagnes pauvres, qui n'auront pas les mêmes moyens pour organiser des activités périscolaires.

Selon Julien Peyrault, le responsable départemental du Snuipp, 55 écoles sont fermées en Charente aujourd'hui, et de nombreuses autres ne fonctionnent qu'avec une partie des  effectifs d'enseignants. 20 à 30% des professeurs des écoles seraient en grève aujourd'hui dans le département, selon le Snuipp.

Plus d'un instituteur sur trois en grève selon le ministère

Plus d'un instituteur sur trois (36,17%) étaient en grève ce mardi, notamment pour protester contre la réforme des rythmes scolaires, a annoncé le ministère de l'Education dans un communiqué. Le SNUipp-FSU, principal syndicat du primaire, en avait annoncé près de 60%. Le mouvement de grogne est très peu suivi dans le secondaire (2,40 % de grévistes), a ajouté le ministère. Le 22 janvier, lors d'une précédente mobilisation dans la capitale, 82% des enseignants des écoles parisiennes s'étaient mis en grève, selon les chiffres du ministère. C'est la cinquième fois en trois semaines que les enseignants se mobilisent, dans des mouvements d'ampleur variable et sur des motifs différents, le principal étant le report de la réforme des rythmes scolaires.

Cinq autres fédérations d'enseignants, CGT, FO, SUD, CNT et Faen, minoritaires, mobilisent également ce mardi, mais sur des revendications plus larges: abrogation du décret sur les rythmes, abandon du projet de loi sur l'école et amélioration des conditions de travail et de rémunération.

Le décret publié à la fin janvier prévoit le retour à la semaine de 4,5 jours dès 2013, avec école le mercredi matin. A titre dérogatoire, les communes, qui ont jusqu'au 31 mars pour se prononcer, peuvent attendre 2014 et opter pour le samedi matin.

51 écoles fermées en Charente

Le Snui-PP Charente, syndicat enseignant, annonce un «rassemblement rythmé», devant l'inspection académique ce matin à partir de 10h30, contre la réforme des rythmes scolaires. Une manifestation à laquelle devraient participer des Atsem et des élus.

En Charente, 51 écoles seront fermées. Le Snui-PP rappelle que les enseignants sont nettement favorables à une réforme des rythmes et estiment nécessaire une refondation de l'école, mais que «cette réforme des rythmes faite dans un contexte précipité et flou doit être réécrite». Le syndicat craint notamment un «accroissement des inégalités territoriales, constat partagé par les députés charentais Lambert et Reynaud», et des conditions de travail dégradées pour les enseignants.

 

 

NKM pour raccourcir les vacances d'été

Nathalie Kosciusko-Morizet, députée UMP de l'Essonne, a proposé ce mardi de "raccourcir les vacances d'été" des écoliers pour avoir "des journées moins chargées", jour d'une forte mobilisation annoncée des instituteurs pour obtenir le report de la réforme des rythmes scolaires.

"Je propose une solution: raccourcir les vacances d'été. Cela permettrait d'avoir des journées moins chargées, et les vacances d'été sont très longues, c'est une particularité française. Ca ne plaira pas tellement aux professeurs, mais tant qu'à avoir un débat et la grève, autant que ça soit utile aux élèves", a lancé l'ancienne ministre de l'Ecologie sur RTL.

D'après elle, la réforme proposée par le ministre de l'Education nationale Vincent Peillon "alourdit la semaine." "C'est vrai que les journées des écoliers sont trop lourdes, mais là on va avoir un système où, lundi, mardi, jeudi, vendredi, les enfants continueront à sortir à 16h30, et en plus, ils reviendront le mercredi matin! C'est quoi le progrès ?", s'interroge NKM.

D'après elle, avec la réforme Peillon, "on va avoir la semaine des 4,5 jours très chargée, avec des pauses qui seront mal remplies, probablement de manière un petit peu tirée par les cheveux."

Cela risque aussi selon elle d'"accroître les différences entre les établissements et entre les villes, suivant que les villes auront les moyens financiers et le projet pédagogique ou pas, pour bien remplir les heures libérées".

Au final, craint-elle, "il n'y aura pas la même qualité" d'enseignement.

Le décret publié fin janvier prévoit le retour à la semaine de 4,5 jours dès 2013, avec le mercredi matin (sauf dérogation). La journée de classe sera plus courte en moyenne de 45 minutes et devra être de 5h30 maximum. Des activités périscolaires (artistiques, culturelles et sportives) sont prévues.

12 Février 2013 | 04h00 - Mis à jour | 14h12

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