Orange, numéro un du mobile en France, va mettre les deux pieds dans la banque en ligne à partir de 2016, un secteur où il s'estime légitime, et qui pourrait lui redonner des couleurs.

Fort de débuts « prometteurs » en Pologne, où « Orange Finanse » a engrangé 100 000 clients, l'opérateur français ouvrira un service de banque entièrement en ligne et mobile à l'horizon 2016 en France, puis en Espagne, a déclaré le dirigeant du groupe, Stéphane Richard, dans un entretien au Figaro le 24 juillet.

« C'est l'un des objectifs du plan Essentiels2020, présenté en mars dernier. Je peux vous dire que, début 2016, Orange va annoncer l'ouverture d'une banque en France, en partenariat avec un acteur du secteur », affirme le PDG de l'opérateur, précisant que le service permettra de réaliser des opérations bancaires courantes et peut-être, à l'avenir, proposer des crédits immobiliers. Ce serait un vrai pas de géant.

Stéphane Richard estime qu'Orange est « légitime » dans ce secteur, car il dispose d'une marque forte, de 1 000 points de vente, de 27 millions de clients et qu'il a su attirer la confiance des consommateurs sur deux points jugés essentiels que sont la fiabilité et la sécurité. En Afrique, Orange est populaire pour son service de transfert d'argent Orange Money, utilisé par 13 millions de personnes - et 30 millions espérés d'ici à 2018.

 

orange-finanse

Il n'est pas trop tard pour Orange

Pour lancer sa banque, Orange s'appuie sur un acteur de la place financière dont l'identité n'a pas encore été dévoilée. À la barre de la future entité, le groupe a placé Laurent Paillassot, un ancien directeur général de LCL. Ainsi Orange s'attaque aux poids lourds du secteur que sont Boursorama (Société Générale), ING Direct, Fortuneo (Crédit Mutuel Arkea), Soon (Axa Banque), ou BforBank (Crédit Agricole). Si le secteur de la banque en ligne ne pèse que 4 % pour l'instant selon l'UFC-Que Choisir, il enregistre une forte croissance.

Selon Fortuneo, celle-ci devrait être de l'ordre de 15 % par an en moyenne durant les prochaines années.

Propulsées par des tarifs largement moins élevés que dans les banques physiques, les déclinaisons 100 % numériques attirent de plus en plus. Une étude publiée en mai 2015 par l'Audirep pour BforBank apprenait que 17 % des Français envisageaient d'adopter un service de banque en ligne. Autrement dit, tant que le marché n'a pas encore explosé, et alors qu'Orange a de nombreux clients, il n'est pas trop tard pour lui.

Les banques proposent bien du mobile...

Autre signal encourageant pour Orange : les interactions entre les banques et leurs clients sont toujours plus mobiles, si bien qu'elles atteignent aujourd'hui 25 % de l'ensemble de la relation selon BCG dans une étude en avril. Quant aux transactions mobiles, elles sont passées de 1 % à peine en 2012, à 13 % en 2014.

« J'observe, depuis de nombreuses années, que les banques viennent dans les télécoms. Je suis donc très détendu sur le fait qu'un opérateur télécoms fasse de la banque », souligne Stéphane Richard. Sa quête reste de replacer Orange sur le chemin de la croissance, après trois ans de guerre des prix dans le mobile.

Clubic.com


À lire également :