25 juin 2011 | Mis à jour | 13h08   Alexandre Le Boulc'h     .

Des représentants des associations de commerçants boycottent la Ville et rejoignent le collectif contre la ZAC de Champniers. 

Pour les commerçants, la coupe est pleine avec la mairie   Photo Renaud Joubert

Depuis 2008, c'était déjà compliqué entre la Ville d'Angoulême et ses commerçants de la ville. Cette fois, la rupture est consommée. Le vote blanc de la Ville pour l'extension de la zone commerciale avait mis le feu aux poudres, mais l'épisode de la Fête du vélo aura été la goutte d'eau qui a fait déborder le vase.

Les représentants des associations de commerçants Cap 2000, de la galerie du Champ-de-Mars, de L'Houmeau et de Saint-Cybard ont décidé hier de manifester publiquement leur indignation.

«On se sent cocus. Cela fait trois ans que l'on joue le jeu avec la ville en assistant aux réunions mensuelles de la commission commerce pour essayer de défendre les intérêts de tous les commerçants. En vain, expliquent Thierry Courmont, Philippe Vergnaud et Philippe Aiguillon. Force est de constater que l'on nous balade. Pire, on se moque de nous ouvertement. Oser dire que nous ne sommes pas venus à des réunions préparatoires sur la Fête du vélo auxquelles nous aurions été invités est un mensonge inacceptable.»

Désormais, non seulement ces représentants d'associations ne siégeront plus à la commission commerce de la ville, mais en plus ils vont rejoindre l'association Aspect 16 pour entrer en lutte contre les projets d'extension du commerce en périphérie de l'agglomération. «On ne reviendra pas sur les déboires de la braderie, de la fête du sport ou encore des animations de Noël. Mais on ne peut pas accepter que le maire de la ville et président de l'agglomération pousse un projet commercial démesuré à Champniers qui va tuer le centre-ville où l'on essaie de faire vivre nos entreprises», déclarent les commerçants, bien décidés à attaquer juridiquement la décision.

«Sur Champniers, nous avons été trahis par les élus du commerce Laurent Peslerbe, Dominique Lasnier et Victor Kériguy, qui nous ont fait croire à leur soutien, fulminent-ils. Pire. Nous ne sommes pas associés aux projets de création de 7.000 m2 de commerce à la gare, de piétonisation du Plateau, de création d'un busway ou encore du transfert du cinéma CGR à Champniers, qui vont complètement transformer notre environnement commercial dans les prochains mois. Philippe Lavaud nous amuse avec 60.000 € de subvention par an pour les animations. Pendant ce temps-là, il poursuit de façon incompréhensible une guerre ouverte contre les commerces, et les emplois de sa ville.» 

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