La municipalité va se doter de nouvelles caméras au Champ-de-Manœuvre.

Michel Bonnefond, adjoint à la sécurité, montre le dôme de vidéosurveillance, installé au coin
de l'école Julie-Victoire-Daubié. (PHOTO Tadeusz Kluba/ « sud ouest »)

La vidéo surveillance n'est pas une nouveauté à Soyaux. « Cela doit faire trois ans que nous avons installé des caméras du côté de l'Espace Matisse et dans la rue Romain-Rolland où il y avait pas mal de problèmes : des dégradations de bâtiments, de voitures, des bagarres », rappelle Michel Bonnefond, l'adjoint à la sécurité.

Un équipement dont la municipalité a, visiblement, toutes les raisons de se réjouir. « Depuis, je peux vous dire qu'il n'y a plus eu un seul incident », garantit l'adjoint. D'autres ont été installées sur l'école Julie-Victoire-Daubié à l'entrée du Champ-de-Manœuvre, « ainsi qu'un dôme qui surveille les rues adjacentes », ajoute Michel Bonnefond. Une douzaine est ainsi déjà recensée.

Espaces publics et privés

Et ce n'est pas fini, puisque c'est encore de caméras de surveillance dont on va parler lors du Conseil municipal, vendredi. Six nouvelles vont tomber dans le giron de la Ville. Quatre sont installées aux angles de la nouvelle galerie marchande, deux autres sur la supérette. « Elles appartiennent à la société Epareca. Par le biais d'une convention, elle va les mettre à la disposition de la commune. » L'objectif est de surveiller l'espace public (place Rousseau, rue Ravel, boulevard Auriol et boulevard Blum) et l'entrée des commerces.

Ce plan comprend également l'installation de cinq caméras autour du pôle culturel et associatif en cours de construction, d'autres encore protégeront les extérieurs du centre de loisirs Gulliver, l'espace jeunesse Jean-Macé et la Maison aux mille et une facettes. Enfin, un « espion vidéo » mis en place sur l'immeuble H, appartenant à Logelia, « avec son accord », surveillera le secteur de la chaufferie collective, « qui est aussi une zone particulièrement sensible », souligne Michel Bonnefond.

Mais l'espace public n'est pas le seul concerné par cette opération. Dans le souci « de protéger le personnel et les publics », la surveillance vidéo verra aussi le jour dans les lieux publics et autres bâtiments municipaux : la mairie, la maire annexe, le pôle enfance, le hall d'accueil de l'espace Gulliver et celui de l'espace Jean-Macé…

« Pour que tout soit cohérent, il fallait que l'ensemble de la surveillance soit mis en réseau. Les images seront centralisées au poste de police municipale. Pour cela, nous allons profiter du passage de la fibre optique. Jusqu'à présent, nous étions en réseau hertzien, mais nous connaissons des problèmes de saturation. »

Un moyen de dissuasion

Soyaux est la seule commune du département à s'être engagée dans la surveillance vidéo. Les élus n'ont-ils pas l'impression d'en faire un peu trop ? Genre : « Georges Orwell en a rêvé, Soyaux l'a fait. » « C'est un équipement a minima. Soyaux, ce n'est pas le Bronx », tempère Michel Bonnefond. L'adjoint rejette d'un revers de manche vigoureux l'idée d'avoir donné naissance à « Big Brother » dans la cité sojaldicienne. « Je suis un Voltairien, un farouche défenseur des libertés », argue-t-il. Mais c'est bien connu, la liberté des uns s'arrête où commence celle des autres. « Cette surveillance correspond à une demande des habitants de se sentir en sécurité », appuie l'adjoint.

Lequel réfute dans le même mouvement l'idée de stigmatiser le quartier sensible du Champ-de-Manœuvre. « S'il y avait des soucis ailleurs, on mettrait également des caméras. » L'objectif, selon Michel Bonnefond, est de faire de la prévention - « encore une fois, cela a fait ses preuves ailleurs. Le système est dissuasif » - pas de mettre une population sous surveillance. « Seul l'espace public sera concerné, il n'est pas question d'aller voir ce qui se passe chez les gens. De même, il n'est pas question de regarder les films en permanence. Mais simplement de pouvoir dire à un délinquant, vous avez fait ça tel jour à telle heure. »

Les images seront conservées trente jours au maximum. « Seuls les policiers, le maire et moi -même pourront les voir », assure Michel Bonnefond.

Le coût de l'ensemble des caméras s'élève à environ 80 000 €, auxquels s'ajoutent 19 000 € pour la connexion à la fibre optique et 8 500 € de frais de fonctionnement annuels.

Publié le 17/10/2012 à 06h00 - Par Didier Faucard

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