Le noyau dur de l'association de prévention spécialisée du Grand-Angoulême demande des explications à Janine Guinandie.

Laurent Midy et Michel-Ange Van Gallemaert font partie des cinq éducateurs spécialisés
encore présents à l'Apsa. Photo C.A.

Interrogation et inquiétudes. Comme les sentiments exprimés par les cinq éducateurs de l'Association de prévention spécialisée du Grand-Angoulême (Apsa) qui sont sur le point d'envoyer un courrier à Janine Guinandie, première adjointe au maire d'Angoulême, et vice-présidente chargée des Politiques solidaires au Département.

En cause, les propos de l'élue sur le «travail d'éducateurs, qui relève de l'Apsa, [qui] n'est pas fait à ce jour. Il faut y remédier», confiait-elle en réponse à une question sur la délinquance et le projet de mutualisation entre l'Apsa et Oméga (lire CL du 16 janvier).

«La prévention de la délinquance n'est qu'une petite partie de notre travail, lance Michel-Ange Van Gallemaert, éducateur et délégué du personnel. Notre mission première, c'est l'aide sociale et la protection de l'enfance. La prévention de la délinquance juvénile est du ressort de tous les acteurs, médiateurs, centres sociaux, assistantes sociales, institutions scolaires...»

Pourquoi nous ?, demandent en gros les cinq éducateurs encore présents à l'Apsa, entre cinq et dix-sept ans d'ancienneté. «On est surpris, car on nous félicite régulièrement, glisse Laurent Midy. On n'est peut-être pas assez visibles, mais si on n'était pas là, il y aurait sans doute plus de problèmes.»

415 jeunes de 10 à 21 ans accompagnés sur 2011-2012. Le chiffre sort de la dernière assemblée générale. «A l'aube de la mutualisation, on s'interroge... Quand on veut tuer son chien, on dit qu'il a la rage», poursuit Essaid Boukarta.

Sans directeur

La période est houleuse pour l'Apsa, financée par le conseil général, qui travaille sans directeur depuis l'été dernier. «Il nous manque quatre éducateurs sur l'effectif». Quatre départs étalés sur plusieurs mois.

«C'est assez courant dans ce métier, car le terrain est difficile. Ce qui nous inquiète, c'est l'absence de recrutement derrière.» Et pour cause. Dans un souci d'apporter «une meilleure réponse à la délinquance», le conseil général et GrandAngoulême travaillent sur un projet de Groupement d'intérêt public (GIP) qui réunirait les deux structures oeuvrant sur le terrain de la tranquillité publique, soit l'Apsa côté prévention spécialisée et Oméga côté médiation.

«On attend, on ne sait rien pour l'instant», disent les éducateurs. Le GIP? «Tout dépend du tuilage et de l'organisation. On a des missions différentes et complémentaires.»


21 Janvier 2013 | 04h00 - Mis à jour | 07h22 - Céline Aucher

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