La chaudière neuve d'un habitant de Soyaux tombe en panne. Il a vécu les quinze derniers jours sans chauffage.

La chaudière est remplie de suie et de goudron à cause de la fuite, Emmanuel Dalavalle n'a plus de chauffage.Photo R. T. 

La plante de la cuisine est gelée. Elle n'a pas supporté les températures négatives dans un lieu où normalement le climat est tempéré. «Heureusement que j'ai une cheminée, mais malgré tout, le matin, dans le salon, il devait faire 4 ou 5°c», grelotte encore Emmanuel Dalavalle, dans sa maison de Soyaux. Sa chaudière à bois, neuve, installée en décembre, et garantie dix ans, fuit. «Je ne peux plus l'utiliser et le fournisseur ne veut pas me la changer !»

L'installateur et la vendeuse du matériel sont venus constater. «J'ai fait des photos que j'ai envoyées au fournisseur», se dédouane la patronne de l'Âtre Barbezilien. «Arco m'a dit que ce n'était pas un défaut de la chaudière mais une mauvaise installation.» Le responsable commercial d'Arco, M. Guillaud, enchaîne : «L'installateur ne nous a fourni aucun document pour prouver que son installation est conforme. Si le client a un assureur, il n'a qu'à le contacter pour faire expertiser l'installation et la chaudière».

«Il y a toutes les sécurités nécessaires, se défend Eric Masson, le plombier-chauffagiste qui a accepté de monter la chaudière. Et Arco ne m'a jamais demandé de document, sinon je les aurais fournis. Dès le premier jour d'utilisation, mon client a constaté une petite fuite. Je pensais que c'était de la condensation suite à la mise en service. Je lui ai dit de ne pas s'inquiéter. Avec le recul, pour moi, c'est que la chaudière avait un défaut».

Vendeur, fournisseur et installateur sont en revanche d'accord sur un point.«Humainement, je comprends que ce soit dur pour ce monsieur», s'excusent-ils en ajoutant que pour l'instant personne ne peut rien pour lui. «C'est au fournisseur de faire venir un expert, relance le plombier. Ça se passe toujours comme ça normalement». Au milieu de cette partie de ping-pong, Emmanuel Dalavalle ne sait plus qui appeler.«Chaudière à bois, plus installation, ça m'a coûté 7.000€. Je voulais me faire plaisir»,soupire ce forestier.

Aujourd'hui, il ne peut que constater, dépité, que sa chaudière neuve est envahie de goudron et de suie. En priant pour que les températures sibériennes de ces dernières semaines ne reviennent pas trop vite

18 Février 2012 | 04h00
Mis à jour | 09h06 

CHARENTELIBRE.fr